Faire une FSE est plus compliqué que de jouer avec des Playmobil !

L’affaire Christian Saout fait l’unité syndicale médicale !
Christian Saout, président du Collectif Inter Associatif sur la Santé, Président de la Conférence Nationale de la Santé et membre de la commission Legmann [1], a réussi un extraordinaire exploit, celui de souder l’ensemble des syndicats médicaux contre lui.
Après ses déclarations sur France Info la condamnation est unanime. Par contre les syndicats divergent sur la sanction. Certains veulent le pendre haut et court. D’autres se contenteraient de l’enduire de goudron et de plumes en le jetant hors de la commission Legmann .
Interviewé mercredi matin sur France Info suite à la publication du rapport de la Cour des Comptes 2010 dont une des recommandations était de taxer fortement et immédiatement les médecins réfractaires à la télétransmission des FSE, le médiatique président du CISS avait ironisé sur le fait que ces médecins auraient acheté avec l’argent de l’aide à l’informatisation de 1998 des « sacs à main pour leurs femmes ou des Playmobil pour leurs enfants » !
Tout d’abord, je tiens à remercier ma fille Zoé qui m’a gentiment prêté sa boite de PlayMobil “Hôpital” afin que je puisse illustrer cet article.

Christian "Playmobil" Saout a la tête dans le sac... syndical !
Le Syndicat de Médecins Libéraux (SML) est remonté comme un pendule contre l’insolent Christian Saout et pose un ultimatum à l’assurance maladie sommée de choisir entre lui ou les FSE !
Le SML « appelle l’ensemble des Syndicats de Médecins Libéraux à une unité sans faille pour soutenir l’Honneur des médecins libéraux qui en ont assez d’être considérés comme des criminels escroquant l’assurance maladie ». Il « appelle à une grève totale et immédiate de la télétransmission par l’ensemble des médecins libéraux tant que l’intéressé n’aura pas présenté sa démission de la Commission de réflexion sur l’avenir de la médecine libérale ».
Rappelons que ce syndicat était viscéralement opposé au programme Sesam-Vitale lors de son lancement en 1998. Comme quoi la sagesse vient avec le temps et que la télétransmission des FSE peut aussi être utilisée comme arme de rétorsion.
Chez Union Généraliste, un nouveau syndicat issu de la fusion de la branche généraliste de la FMF et de Espace Genéraliste, on ne décolère pas non plus.
Un communiqué titré clairement « PATIENTS, DEBARRASSEZ VOUS DE CHRISTIAN SAOUT » appelle au vide-grenier et montre que la ligne jaune a là aussi été franchie. Selon les deux co-présidents Claude BRONNER et Jean-Paul HAMON « les généralistes de la FMF, regroupés au sein d’Union Généraliste estiment que les patients méritent un représentant plus digne et exigent le remplacement de Christian Saout au sein de la mission ». Le tonitruant membre de la “Commission de réflexion sur l’avenir de la médecine libérale” y réfléchit. Acceptera-t-il de rentrer facilement dans sa boite ?
Même son de cloches à la CSMF ,farouche opposante à Sesam-Vitale en 1998, qui dénonce « L’odieuse insulte de Christian SAOUT » et porte l’affaire sur le terrain juridique. La Confédération aurait même « pris l’attache d’un avocat pour engager des poursuites judiciaires à l’encontre de Christian SAOUT afin de faire respecter l’honneur des médecins libéraux ». L’intéressé ne doit plus en dormir la nuit.
Seul MG-France qui a soutenu la dématérialisation des feuilles de soins dès l’origine, garde son calme mais quand même « s’indigne des propos tenus par Christian Saout ».
Selon le syndicat de généralistes, Christian Saout « sait que le coût de la télétransmission pour les médecins est très supérieur à l’indemnisation octroyée par l’assurance maladie, suscitant depuis des années la colère de nombreux généralistes.
Les relations entre médecins et usagers méritent mieux qu’un raccourci insultant et inutile. Christian Saout respecterait son mandat en retirant ses propos et en s’excusant de cette provocation. »
Dominique Dupagne sur son site Atoute.org dresse l’étonnant portrait de Christian Saout dans un article « La vie rêvée de Christian Saout » écrit avec l’aide de substances interdites et il nous révèle la filiation étonnante du chauve à lunettes rondes !
Quant au Conseil National de l’Ordre des Médecins, il reste coi pour le moment. On doit y vérifier si cette histoire de “boites de Playmobil et de sacs à main” entre dans la la loi dite “anti-cadeau.” [2] Nul doute que chaque mot de la réponse sera soupesée, Christian Saout étant membre de la Commission de refondation de la médecine libérale formée par le Président de la République et animée par le président de l’Ordre, le Dr Michel Legmann.
Logiquement devant la bronca médiatique Christian Saout aurait dû reconnaitre qu’il ne dominait pas le sujet compliqué de la télétransmission des FSE autant que le catalogue des jouets Playmobil.
Mais au lieu de faire amende honorable, sur son site internet, le “Collectif Inter associatif Sur la Santé” en remet une couche :
Le refus des médecins d’émettre des feuilles de soins électroniques nous coûte 200 millions d’euros !
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S’il ne s’agit pas de provocation, la naïveté du “Collectif Inter associatif Sur la Santé” est confondante.
Tout d’abord les médecins qui ont bénéficié de la prime à l’informatisation FORMMEL de 1998 télétransmettent aujourd’hui, sauf bien entendu les retraités et ceux qui ont quitté le libéral pour la fonction publique ou territoriale. Les médecins, qui comme moi, se sont lancés dans la télétransmission dès 1998, apprécieraient de pas être mis dans le même « sac » que les réfractaires.
Nous aimerions d’ailleurs pouvoir atteindre les 100% d’actes facturés et transmis numériquement. Mais c’est impossible dans 10 à 20% des situations en raison des défauts et des carences du système Sesam Vitale.
Curieusement le CISS est muet sur ces zones d’ombre du “Progrès Partagé”. C’était le slogan de l’assurance maladie il y a une décade.
L’analyse sans nuance du CISS donne l’impression que ses membres n’ont jamais vu comment se génère une FSE. C’est pourtant plus compliqué que d’habiller un personnage Playmobil. Ces représentants des patient ne fréquentent-ils donc jamais les cabinets médicaux ?
La création d’une feuille de soins électronique n’est malheureusement pas automatique. Cela ne se résume pas « à appuyer sur la touche « “Enter” ». L’opération est encore plus complexe et chonophage depuis l’introduction du “Parcours de Soins Coordonnés” en janvier 2006. Le praticien a d’ailleurs bien du mal à déterminer si le patient est bien dans les clous de cet encadrement des dépenses de santé. En effet, ni la carte Vitale 2, ni la dernière génération de progiciel de facturation, ne savent encore déterminer qui est le médecin traitant déclaré. En cas de mauvaise formulation de la facture électronique, le patient peut avoir sur une consultation de 22 €, une amputation de son remboursement de 8.8 € !
Portant le CISS qui entend défendre les intérêts des malades, se garde bien d’exiger de l’Assurance maladie, qu’elle fasse descendre cette information sur le médecin traitant, automatiquement dans les logiciels de facturation des médecins. Bilan, selon les caisses, 8 à 15 % des consultions chez un généraliste sont frappées d’une pénalité le plus souvent injustifiée. C’est encore plus pour les spécialistes. Rapporté au nombre d’actes, c’est une taxation bien supérieure à « l’affaire à 200 millions d’euros » qui excite aujourd’hui le CISS !
A noter d’ailleurs que les français sont inégaux devant la Loi. En effet la Mutuelle Générale des fonctionnaires, en retard sur son informatisation et donc incapable de gérer le médecin traitant, n’applique pas cette pénalité imposée depuis 4 ans aux affiliés de plus de 16 ans du régime général.
Quelle est la raison de ce mutisme du CISS vis à vis des carences de l’Assurance Maladie et de son ministère de tutelle ? Est-ce, comme le rappelle Christian Lehmann dans un article au vitriol « Patients si vous saviez… qui vous représente au sommet de l’Etat… », , parce que dans le budget du Collectif Interassociatif sur la Santé (1 860 130 euros en 2008), 70,16% provient de la Direction Générale de Santé et 11.99% de la CNAMTS ? Le CISS peut-il mordre la main qui le nourrit ?
La vérité sur la prime à l’informatisation :
Le Docteur Richard Bouton connait bien l’histoire de la prime à l’informatisation des médecins de 1998. En effet à l’époque il était président du syndicat MG France, syndicat de généralistes qui encourageait la dématérialisation des feuilles de soins . Sous réserve de signature d’un contrat d’informatisation avec les médecins début 1998, il y a eu versement par la CPAM d’une prime de 7 000 F destinée à financer leur équipement informatique et d’une prime unique de 2 000 F censée couvrir les frais de télétransmission des feuilles de soins électroniques vers les caisses d’assurance-maladie. Plus de 60 000 médecins auraient touché cette prime, en fait une restitution des pénalités Juppé de 1996. Sauf les retraités et quelques cas marginaux, ces médecins continuent à télétransmettre aujourd’hui, même si la génération systématique d’une FSE n’est pas toujours possible.
J’ai été comme beaucoup d’entre vous choqué par les déclarations de
Christian Saout, outre le fait qu’elles sont inutilement blessantes pour les
médecins libéraux, elles témoignent d’une grave méconnaissance du processus
d’informatisation de la santé pour un responsable médico-social de ce
niveau.Rappel des faits : Les ordonnances Juppé d’avril 1996 comportaient, dans leur première rédaction, deux dispositions visant spécifiquement les médecins libéraux : MG France étant à l’époque le seul syndicat médical qui maintenait des relations avec le gouvernement d’Alain Juppé, votre serviteur a obtenu par négociations directe avec le premier Ministre que ces deux dispositions soient assouplies ou supprimées : Pour percevoir cette « prime » de 9000 Fr, les médecins devaient s’engager à télétransmettre dans un délai de temps fixé à quelques mois sous peine de rendre les 9000 Fr au FORMMEL. Et c’est ce qui fut fait par l’immense majorité des « bénéficiaires », à l’exception de quelques petits malins qui ayant perçu la prime sont partis en retraite juste avant l’expiration du délais pour la télétransmission (nous les avons défendus malgré tout et obtenu qu’ils soient exonérés de sa restitution…). De sorte que les déclarations de Christian Saout sont doublement fausses : |
Le FORMMEL (Fonds de réorientation et de modernisation de la médecine libérale) a été créé au sein de la CNAM en 1996 (ordonnance n° 96-345 du 24 avril 1996 relative à la maîtrise médicalisée des soins) et modifié par la loi de financement de la sécurité sociale pour 2002. Un Comité de pilotage paritaire comprenait nuf titulaires nommés par décret (date 21 mars 1997 paru au J.O du 5 avril 1997). Le comité de gestion de ce fond, est constitué par les Caisses d’Assurance Maladie et les syndicats médicaux.
Président : Jean-Marie Spaeth
Titulaires :
Jean-Claude Mallet (FO)
Georges Jolles (CNPF)
Jules Canavaggio (Canam)
Claude Amis (MSA)
Richard Bouton, Philippe Sopena (MG France)
Jean Gras (FMF)
Bernard Winisdoerffer (UCCSF)
Sont restées vacantes deux places que la CSSF et le SML n’ont pas voulu occuper par refus des amendes exceptionnelles des médecins secteurs 1 et 2 qui ont approvisionné le fonds.
Les fonds provenaient de la "contribution exceptionnelle" demandée aux médecins en 1996. Le FORMMEL disposait d’un budget de 1 milliard de francs. Initialement la plus grande partie de ces fonds, devrait être redistribuée aux médecins ayant signé le contrat d’informatisation (7 000 Fr. + 2000 Fr). Les médecins devaient signer avant le 31 décembre 1997 ce contrat alors que le document était parvenu aux praticiens début décembre. La date limite a été prorogée jusqu’au 31 mars 1998. Un avenant en a allégé les clauses :
Dans la version initiale du contrat, les médecins devaient télétransmettre 90 % des feuilles de soins, neuf mois après la diffusion de la carte Vitale dans leur région (et 50 % trois mois après). Quant au taux il était totalement irréaliste à l’époque où l’assurance maladie lançait avec difficulté la carte Vitale et n’est d’ailleurs que très rarement atteint aujourd’hui ! Rappelons que la distribution de la carte Vitale devait être terminée pour le 31 décembre 1997, mais pris au moins 6 mois de retard.
La première version indiquait que « le médecin s’engage à conclure avec l’organisme de son choix un contrat de maintenance et d’assistance qui lui garantisse l’absence de toute rupture ou discontinuité de transmission d’information d’une durée supérieure à deux jours ouvrés ». Cette obligation abusive a été supprimée. Seule est restée l’obligation de télétransmettre la FSE dans les trois jours.
Dans la première mouture du contrat, la CNAM obligeait les médecins n’ayant pas d’expérience informatique à suivre une formation auprès du fournisseur de logiciels ou auprès d’un organisme agréé par le FORMMEL. Cette clause ne fut pas appliquée.
A la date du 15 janvier 1998, 42 % des praticiens libéraux avaient retourné à leur caisse primaire le contrat signé.
Il y aurait eu 64 000 médecins qui auraient reçu cette de 7000 F (1067,1 euros) à l’informatisation
Une enveloppe de 50 millions de francs était destinée à encourager les expérimentations d’outils et de réseaux informatiques (comme par exemple SIAMUC-CSMF en test à Charleville-Mézières ou MEDSYN-MG France).
En 1998, les dépenses pour les actions d’accompagnement de l’informatisation des cabinets médicaux se sont élevées à 408 millions de francs.
Mars 1999 : Le FORMMEL a utilisé 20 millions de francs dans une enquête destinée à évaluer l’apport de l’informatique à la pratique médicale. Un appel à candidature avait été lancé auprès des 64 000 médecins qui avaient perçu l’aide à l’informatisation ainsi que les nouveaux installés. Cinq mille médecins ont été sélectionnés pour tester les « outils » informatiques qui pouvaient les aider dans leur pratique médicale. Ils ont été indemnisés à hauteur de 4 000 F pour une étude qui se déroula sur six mois.
En 2001 et 2002 le FORMMRL a financé la rémunération des gardes des généralistes.
Il a ensuite aidé à la cessation anticipée d’activité des médecins de plus de 60 ans (MICA) qui a absorbé la quasi-totalité de ses dépenses (130,3 millions sur 130,4 millions d’euros en 2004).
généralistes.
| Caisse Nationale de l’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Professions Indépendantes Caisse Centrale de Mutualité Sociale Agricole CONTRAT relatif aux actions d’accompagnement à l’informatisation des médecins libéraux adopté par le Comité de Gestion du Fonds de Réorientation et de Modernisation de la Médecine Libérale ;le 18 septembre 1997 Préambule Article 1 : objet du contrat : Article 2 : en ce qui concerne la télétransmission Article 3 : en ce qui concerne son équipement informatique et ses éléments accessoires Article 4 : en ce qui concerne la maintenance de l’équipement informatique
Article 5 : en ce qui concerne sa formation
Article 6 : en ce qui concerne la subvention Article 7 : non-respect des engagements Article 8 : suivi de l’informatisation Fait à Nantes, le ........................................ ...............
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[1] Commission de refondation de la médecine libérale constituée par le président de la République
[2] La loi dite "anti-cadeau" (article L.4113-6 du Code de la Santé Publique) précise les conditions permettant aux entreprises, commercialisant des produits pris en charge par les régimes obligatoires de Sécurité Sociale, de procurer des avantages, sous quelque forme que ce soit, aux membres des professions médicales.



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