« Task-force » ou « Dream Team » pour le DMP ?

Nihil novi sub sole
La « task-force du DMP » se résume à un groupe d’initiés portant la responsabilité de la débacle de 2007.
Pire les professionnels de santé libéraux, les associations de patients ou les fédérations d’établissements de santé ne sont pas représentés !

Le 10 décembre 2007, à l’occasion des 3ème Journées Parlementaires sur feu le Dossier Médical Personnel, la ministre de la Santé lançait une mission de sauvetage pilotée par Michel Gagneux, inspecteur général des affaires sociales et composée selon ses propos “des principaux responsables du projet, avec un médecin, un représentant des usagers, des consultants”.

Voici la liste de cette « Dream Team » :

- Michel Gagneux : inspecteur général des affaires sociales, principal rédacteur du récent rapport sur l’échec du DMP.
-  André Loth : Chef de la MISS
- Jacques Sauret : Directeur général du GIP DMP
- Dominique Coudreau : Président du GIP DMP
- Alain Liwartowski (pneumologue-cancérologue à l’Institut Curie)
- Pierre-Henri Combes (Ex Cnam, consultant CSC)
- Loïc de Kergommeux consultant CSC)
- Jean-Luc Bernard, ex-Président du CISS, séminariste de Roissy et aujourd’hui salarié du GMSIH [1].
- Alain Folliet (Directeur des systèmes d’information à la CNAMTS)
- Denis Richard (CNAMTS. A la Cnam, il existait en 2004, une équipe de 6-7 personnes autour de Denis Richard, responsable de la « mission sur le partage des données médicales » initialement chargée des expérimentations Fieschi. Cette mission devait apporter au projet un appui plus technique. )

Mais cela ne fera pas plaisir à Roselyne Bachelot, il n’existe aucun “représentant des usagers”. Les professionnels de santé libéraux, les associations de patients ou les fédérations d’établissements de santé ne sont pas représentés !

Nihil novi sub sole

C’est dans les vieilles gamelles qu’on fait les meilleures soupes ! Afin sans doute de ne pas faire mentir cet adage, il faut se souvenir que Jacques Sauret, Dominique Coudreau, Alain Liwartowski et Denis Richard faisaient déjà partie de l’auguste aréopage des 50 séminaristes de Roissy en octobre 2004 qui lanca l’aventure nauvragesque du DMP.

Michel Villac, prédécesseur d’André Loth à la MISS, avait participé à Roissy.
Pour des raisons mystérieuses, ce n’est pas André Loth lui-même qui avait été invité à Roissy. A l’époque il entamait une période difficile loin de Paris. A compter du 5 janvier 2004, il était « maintenu en position de détachement en qualité de directeur chargé de mission tarification à l’activité au centre hospitalier régional universitaire de Lille pour une période de trois ans ». Curieusement son second Alexis Grzes, directeur technique (Direction du Système d’Information Hospitalier CHR de Lille) était un des séminaristes.

Quant au terme de « task-force du DMP », il avait déjà été utilisé le 3 novembre 2005 par le sénateur Jean-Jacques Jégou pour la commission des finances du Sénat, dans un communiqué de presse :
Jean Jacques Jégou expliquait que « la mise en place du programme anglais d’informatisation du système de santé reposait sur un triptyque essentiel, qui fait aujourd’hui défaut à la France : une volonté politique forte, qui s’appuie sur une “task force” administrative et des moyens budgétaires importants dans la durée ».

Aujourd’hui, la « task-force » composée essentiellement de vétérans de la bataille perdue du “DMP pour le 1er juillet 2007”, ne doit pas faire illusion, d’autant que manquent toujours la « volonté politique forte » et les « moyens budgétaires importants dans la durée » !

[1] GMSIH : Groupement d’intérêt public chargé de moderniser le système d’information hospitalier et de travailler notamment à son interopérabilité avec le DMP.

publié le 11 janvier 2008 par Jean-Jacques Fraslin