Espace Pro : De qui se moque-t’on ?
Voici ci-contre le message qu’un médecin peut découvrir après avoir réussi à ouvrir l’Espace Pro.
La CNAM s’excuse pour les pannes pendant 3 jours et affirme qu’un fonctionnement stable a été rétabli pour ESpace Pro !
Heureusement que les services informatiques de la CNAM ne sont pas en charge d’une centrale nucléaire car il y aurait de quoi flipper !
L’Espace Pro perd ses boulons comme les réacteurs de Fukushima
Utiliser l’Espace Pro est devenu un véritable exploit :
Déjà il faut arriver à passer entre les gouttes, c’est à dire les pannes et indisponibilités pour maintenance à répétition.
Actuellement seul le navigateur Internet Explorer 9 reste utilisable. Attention il faut le paramétrer en mode “affichage de compatiblité” descendante. C’est une option de Explorer. Dans le menu “Outils”, il faut ajouter “ameli.fr” dans les sites nécessitant un affichage en mode IE8.
Mais avec Firefox 9 ou Chrome 16, après s’être authentifié avec la carte CPS, il est devenu impossible de lire la moindre carte Vitale.
Dorénavant on a ce message indiquant que le composant CNAM, c’est à dire la brique logicielle utilisée pour accéder à la carte Vitale, n’est pas installé.
Si on clique sur le lien “Télécharger le composant”, on doit d’abord accepter une mise en garde avertissant que le médecin installe cette daube à ses risques et périls.
Puis après quelques clics on arrive à cette page ubuesque où on évoque Firefox 3 alors que c’est la version 9 qui est diffusée actuellement !

Le retour du bug “Médecin traitant”.
Comme le rappelle la dernière “LETTRE-RESEAU : LR/DDSI/8/2011” du 16 novembre 2011, « Depuis le 1er janvier 2006, tout assuré ou ayant droit de plus de 16 ans doit choisir un médecin traitant dont le rôle est, notamment, d’orienter et de suivre le patient tout au long du parcours de soin. »
Un bug, qui avait mis des trimestres à être corrigé, vient de faire son retour.
A nouveau, nous avons perdu l’information “Médecin traitant” !
Quand on arrive, après beaucoup d’attente (au moins 20 secondes), à lire la carte Vitale d’un patient, les renseignements administratifs s’affichent.
Or pour chaque patient on a l’indication “MT : Non”, ce qui théoriquement indique que l’assuré n’a pas déclaré de médecin traitant !
Rappelons que la carte Vitale n’indique pas non plus le nom du médecin traitant ou une indication de déclaration.
Avec de telles conditions ubuesques, il est très difficile pour le médecin consulté se savoir si le patient suit ou non le “Parcours de Soins Coordonnés” !
La CNAM veut greffer ses téléservices dans les logiciels métiers !
Dans la dernière “LETTRE-RESEAU” on lit qu’ à « la demande du Groupe de Simplification installé par Xavier Bertrand (Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé), des travaux sont menés par le Programme 2 pour intégrer dans les logiciels des professionnels de santé les téléservices proposés par l’Assurance Maladie dans son portail Espace pro. »
Depuis le 22 septembre 2011, « les éditeurs peuvent proposer des logiciels, certifiés par l’Assurance Maladie, intégrant le téléservice
Historique des Remboursements [1] . »
Mais attention, cette proposition d’intégrer l’historique des remboursements aux logiciels métiers, ne concerne que les seuls assurés du régime général, car « le service sera mis à disposition des assurés de la MSA et du RSI dans le courant de l’année 2012. »
En outre, l’utilisation des données du téléservice “Historique des Remboursements” est encadrée par le décret n°143 du 9 février 2006. L’autorisation CNIL associée interdit formellement tout traitement des données par le logiciel métier : « les données issues d’HR ne seront qu’affichées dans le logiciel du professionnel de santé. Il ne sera pas possible pour lui de stocker les données, ni de les modifier ou de les réutiliser dans un autre module du logiciel. »
Cependant il y a une « réflexion pour faire évoluer le cadre juridique régissant l’utilisation du téléservice Historique des Remboursements afin d’autoriser le retraitement des données par les logiciels, selon des modalités qui restent à spécifier. »
Quand on subit depuis des années le manque d’utilisabilité et de fiabilité des téléservices de l’Espace Pro, on ne peut que rire des prétentions de l’assurance maladie à en faire l’étalon sur le plan des performances :
« L’intégration ne doit pas entraîner une baisse des performances du téléservice. Les solutions techniques retenues doivent permettre d’obtenir des temps de réponse inférieurs ou égaux à ceux d’Espace pro. En effet, la rapidité d’accès à l’information pertinente pour le professionnel de santé est primordiale pour l’utilisation massive du téléservice.
De plus, la disponibilité du service est contractualisée avec les éditeurs afin de s’assurer que le service est accessible de façon satisfaisante »
L’assurance maladie rêve que « d’ici fin 2012, les téléservices Déclaration de Médecin Traitant, Avis d’Arrêt de Travail, Accord Préalable électronique et Protocole de Soins Electronique seront proposés aux éditeurs en mode intégré. »
Intégration de la télédéclaration de choix de médecin traitant
Selon la CNAM, les travaux avec les éditeurs auraient « déjà débuté, et le téléservice intégré devrait être disponible à partir de novembre 2011 (en fonction des déploiements effectués par les éditeurs). Une période de béta test, prise en charge par les éditeurs, précédera la généralisation du téléservice intégré. ». Cela ne concerne pour l’heure que le régime général. Pour la MSA et le RSI ce service intégré sera disponible pour leurs assurés courant 2012.
Aujourd’hui pour télédéclarer en mode web il faut la carte Vitale du patient. Or les jeunes qui viennent d’avoir 16 ans doivent absolument choisir un médecin traitant dès le jour de leur anniversaire. Hélas pour eux il faudra qu’ils patientent de long mois voire des trimestres avant de disposer d’une carte Vitale. En attendant la déclaration ne peut se faire qu’en mode papier !
Avis d’arrêt de travail
Les caisses voudraient bien que les médecins télédéclarent les arrêts maladie. Hélas c’est tellement compliqué et chronophage que les toubibs préfèrent continuer à utiliser les triptyques papier.
Mais le traitement de ces formulaires papier est tellement long que l’assurance maladie ne peut pas contrôler les arrêts de moins de dix jours. Un e-arrêt est adressé et reçu par la caisse avant même que le patient soit sorti du cabinet. Dans le contexte politique actuel de suspicion sur la légitimité des arrêts maladie où le patient malade est considéré comme un tire-au-flanc, on comprend bien les enjeux de cette dématérialisaton en terme de contrôle ! ,
Ce téléservice « Avis d’arrêt de travail en 5 clics » sera également proposé en mode intégré aux logiciels des
professionnels de santé. La mise en production est prévue pour le 1er trimestre 2012 pour le régime général, la MSA et le RSI.
L’assurance maladie continue à vampiriser les ressources de développement des éditeurs
Depuis 1998, l’assurance maladie a vampirisé le développement des logiciels médicaux avec Sesam-Vitale. Depuis lus d’une décade les ressources des éditeurs sont accaparées par l’implantation des différents et complexes cahiers des charges. L’interopérabilité des logiciels ou les échanges sécurisées de données en ont fait les frais.
Aujourd’hui de nombreux logiciels n’ont pas encore implanté l’interface de connexion avec le Dossier Médical Personnel. Ainsi Axisanté 5 n’est toujours pas connectable. Les rares logiciels DMP-compatibles sont peut utilisables car il faut les réécrire et travailler leur utilisabilité.
Beaucoup plus vital en terme de santé publique, la Haute Autorité de Santé (HAS) est en charge, depuis la loi du 13 août 2004, de la certification des modules de prescriptions médicamenteuses.
Or fin 2011 seuls le confidentiel AlmaPro et plus récemment Crossway (Groupe Cegedim) sont agréés par la Haute Autorité de Santé. Pourtant ce module de prescription HAS garantissant une meilleure sécurité pour les patients fait désormais partie des objectifs des contrats institués par la nouvelle Convention. Or le travail, colossal lui aussi, de création d’un module de prescription agréé n’a toujours pas commencé chez Axilog pour ses logiciels Axisanté 4 et 5.
[1] L’Historique des Remboursements a été introduit par la loi du 13/08/2004 et le décret 143 du 9 février 2006. Il s’adresse aux médecins généralistes et spécialistes uniquement et nécessite la présence d’une carte CPS et d’une carte Vitale avec accord du patient. Le décret indique que le consentement du patient est réputé obtenu par la présentation de la carteVitale et l’information de celui-ci par le professionnel de santé. L’utilisation du téléservice Historique des Remboursements est encadrée par le décret n°143 du 9 février 2006 et le dossier CNIL associé qui interdit tout traitement des données par le logiciel. Par conséquent, les données issues d’HR ne seront qu’affichées dans le logiciel du professionnel de santé. Il ne sera pas possible pour lui de stocker les données, ni de les modifier ou de les réutiliser dans un autre module du logiciel.
Poster un nouveau commentaire
8 commentaire(s)Votre site est vraiment très intéressant !
De conduite et de pilotage et non pas quelques tours d’essais de circuit ! sans Un stage de pilotage en Audi R8 vous procure un bonheur est sans circuit lurcy égal. Vous garantir un stage de pilotage diffé, complet et convivial. se trouvent nombres de
Frédéric Rouquier aécrit : « je ne serais pas aussi négatif sur cet espace pro : depuis juillet, je l’utilise, et même si c’est un peu plus long que le papier, il y a un grand confort à régler l’arrêt de travail de cette façon. Je leur dis : c’est un peu comme commander à la Redoute ..." c’est vrai que pour le contrôle c’est en "direct-live" mais ça semble de "bonne guerre". De toutes façons, ce n’est pas un probleme si l’AT est justifié. »
Avant de faire un e-arrêt maladie il faut d’abord pouvoir se connecter sur l’Espace Pro ce qui n’est pas garanti. Ce n’est pas un téléservice universel pour toutes les caisses. Ensuite c’est long, il faut patienter, cliquer plusieurs fois, parfois on se fait lourder avec un message d’erreur incompréhensible. C’est beaucoup plus chronophage que de rédiger un arrêt papier. Et puis il y a un évident transfert de responsabilité sur le médecin qui doit remplir certaines zones à la place du patient, puis l’adresser à la caisse. Un arrêt maladie papier n’est pas forcément adressé à la caisse par le patient, qui le lendemain se sentant mieux, le déchire et va au boulot. La dématérialisation de l’arrêt maladie ne peut qu’augmenter le nombre d’IJ que la caisse peut un jour opposer au médecin s’il dépasse les statistiques moyennes des autres confrères de la même circonscription. Le médecin passe donc plus de temps pour rédiger un e-arrêt, va majorer ses statistiques personnelles d’IJ et que gagne-t-il dans cette opération ? Rien. Quant au patient, comme l’arrêt dématérialisé arrive à la caisse avant même qu’il ait quitté le cabinet, il peut se faire contrôler beaucoup plus rapidement qu’avec un arrêt papier classique. Le risque est donc plus important qu’on reproche au médecin prescripteur un arrêt de complaisance. En conclusion je pense que ce télé-service est un "piège à cons" ;-)



Imprimer la page