Chronique télétransatlantique 23 décembre 1998
500 FSE : le temps du bilan...
Sur le plan de la télétransmission Sesam-Vitale, j’ai émis 500 FSE, dont le quart en tiers payant et j’ai même réalisé quelques FSE en mode dégradé (patient en dispense d’avance de frais ayant oublié la carte verte).
Après la période jubilatoire des premières FSE, vient le temps du bilan :
L’opération reste beaucoup trop lente, de l’ordre de 35 à 45 secondes pour chaque FSE et demande une attention soutenue en particulier lors de la génération des FSE en tiers payant, car l’automatisation en est impossible
Dans ce décompte, la lenteur rédhibitoire du lecteur bifente, est responsable de 30 secondes.
Lors des réunions préparatoires avec les caisses, on nous avait affirmé que les droits en carte n’étaient pas contestables. Ainsi j’avais réalisé une FSE chez une jeune fille, ayant droit sur la carte MGEN de ses parents. Or cette jeune étudiante n’aurait pas dû s’y trouver, l’acte électronique a été rejeté et on m’a demandé de refaire une feuille de soin papier...
Effectivement, les étudiants ne seront pas dotés de cartes Vitales avant la rentrée prochaine en octobre 1999. Par contre, les courageux qui ont fait des petits boulots cet été, ont reçu des cartes CPAM avec des droits virtuels, mais non réels. Ceci n’est pas anecdotique et démontre la confusion extrême des fichiers des organismes, ainsi que les complications administratives qui découlent de l’utilisation de ces vraies-fausses cartes...
Actuellement, seule la télétransmission des actes standards (non tiers payant) est réellement opérationnelle. Ce type de FSE flatte l’ego des caisses, mais n’apporte aucun profit aux professionels de santé. Pour les médecins à fort taux de tiers payant (aide médicale ou médecin référent), même si la télétransmission autorise un remboursement praticien des actes théoriquement plus rapide, leur réalisation demeure périlleuse. En effet, les cartes Sesam Vitale et les applications ne permettent pas une automatisation de ces actes. Ces flux restent très mal gérées au niveau des caisses. Lors des FSE "Aide Médicale", le remboursement de la part "Mutuelles" par le département est très opaque. Pire, j’ai aussi bénéficié de virements indus sur mon compte à la suite d’actes mal libellés. De plus 6 semaines après le début de la télétransmission en Loire Atlantique, nous ne disposons pas encore des retours Noemie.
La réalisation de FSE est une tache ingrate et très subalterne de notre activité. Le transfert de responsabilité bien réel sur le médecin rend tout à fait légitime et indispensable, une rétribution de chaque acte électronique. L’incitation financière demeure cependant accessoire. En dehors du cas particulier des praticiens à fort taux de tiers payant, les flux électroniques ne sont qu’une source de contraintes multiples (temps, responsabilité, charge financière, complication administrative). Actuellement le projet Sesam-Vitale reste au stade du prototype. Le médecin doit être pragmatique et ne s’engager dans le processus de télétransmission que si le bilan des rares avantages et des nombreuses charges, démontre un bénéfice clair pour son exercice. Pour l’heure, le bon sens conseille donc aux médecins d’attendre, en espérant une nouvelle génération de lecteurs plus rapides et compatibles avec la carte bancaire, des progiciels améliorés sur le plan de l’ergonomie et de la clarté d’usage, des fichiers des organismes enfin fiables et un cahier des charges Sesam-Vitale généralisant la pratique automatique des FSE dans toutes les déclinaisons de tiers payant (AT, Article 115, Aide médicale, Option référent).
Les médecins sont raisonnables, puisque 6 semaines après l’ouverture du Pop Cegetel en Loire Atlantique, nous ne sommes encore que 5 pionniers télétransmetteurs...



Imprimer la page