Chronique télétransatlantique 11 janvier 1999
QUELQUES CHIFFRES :
Dans les six régions où la télétransmission a effectivement débutée, seulement un pour cent des médecins s’adonnent aux joies sans limites de la feuille de soin électronique (Libération 10/1/99).
Au 22 décembre 1998, selon le dernier pointage de la CNAMTS, 396 médecins feraient de la télétransmission en France...
Selon Cegetel, le 20 décembre, le RSS comptait 1 000 abonnés. Question subsidiaire, que font donc les 604 abonnés qui ne se sont pas plongés dans les affres de la télétransmission ?
Depuis le démarrage en fanfare du RSS le 2 avril 1998, seulement 57 416 FSE ont été adressées aux caisses par les médecins, pourcentage infime en comparaison des 800 millions de feuilles de soins papier envoyées chaque année aux organismes d’assurance-maladie et surtout du milliard déjà dépensé. Ça fait combien la feuille électronique ?
Prudent, le télétransmetteur n’abuse pas de son outil bifente. Pour le mois de décembre, en effet pas d’overdose chez les pionniers avec une moyenne de 73 FSE par praticien, mais pas de fausse joie, ce nombre aurait diminué de 8% par rapport au pic juvénile de novembre. (QdM 11/1/99).
Avec quelques 320 feuilles émises en décembre, je fais figure de stakhanoviste de la télétransmission... Ayant déjà largement dépassé le quota mensuel autorisé, dois-je arrêter la génération de nouvelles FSE pour ne pas trop fausser les statistiques ?
Ça fait combien la feuille électronique ?
Une réaction en prose de Yannick Motel et en vers de Jean-Jacques Rigot
Ça fait combien la feuille électronique ?
Yannick MOTEL a écrit :
« Pour le tarif unitaire exact, les limiers de la Cour des Comptes ne devraient pas tarder à s’en inquiéter...
En revanche, et sur le fond, Daniel Postel-Vinay, Directeur Général de la Canam (artisans commerçants) a répondu le 06 novembre dernier à l’occasion d’un forum organisé au Mans.
Pour la circonstance, il a prophétisé que, si les choses continuaient sur cette lancée, le système Sesam/Vitale figurerait bientôt dans le Guiness Book des records.
Au titre de système produisant les feuilles de soins les plus chère au monde. »
Cyberno de RSSac (alias le navré masqué) rétorque :
Cher ? Ah ! non !, c’est un peu court, jeune homme
On pouvait, à l’énarque, dire bien des choses en somme...
En variant le ton,- par exemple, tenez :
Agressif : « Moi, monsieur, devant un tel merdier,
il faudrait sur-le-champ que je me l’arrêtasse ! »
Amical : « Mais votre beau projet boit la tasse :
Pour en sortir, dites leur d’écrire à Renaudin »
Descriptif : « C’est vert, ca brille et ne sert à rien
Que dis-je ? Ca ne sert à rien ? C’est superfétatoire »
Curieux : « De quoi sert cette cyberpétaudière ?
De piège à cons, Monsieur ou de gadget du jour ? »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les vautours
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tous les médecins leur faire bouffer la rate ? »
Truculent : « Ca, Monsieur quand vous réfléchissez
La fumée du cerveau vous sort-elle donc du nez
Sans que d’un grand projet le budget vous creviez ? »
Prévenant : « Gardez-vous, votre fric entraîné
Dans le trou, de personnellement en être chagriné
Et de la cour des comptes, monsieur le gros gibier,
Etre cible idéale, pâture des médias ! »
Tendre : « Que ne donnez vous point un lecteur adéquat,
Bifente sans complexe, moultes bits et octets
Pour que de votre hymen avec Richard Bouton
Naissent idéaux dossiers aussi beaux que parfaits
Et que l’on cesse enfin de le traiter de con »
Cavalier : Mais où sont donc les bornes afin que l’assuré
Perdu, tel un chevreuil au brame, s’y vautrasse ?
Faudra t-il donc qu’enfin, nageant dans la mélasse,
Nos énarques béats se trouvent confrontés
Au courroux du public par nos soins alertés
Emphatique : Aucun journal ne peut, démentiel projet,
Cerner tous tes contours et toutes tes retombées.
Cyberfeuille de soin la plus chère du monde
C’est sûr, tu es promise à la postérité
En dépit des jaloux et des injures immondes.
Inquiet : Ne craignez vous donc pas que le trou débordasse
Et que gloutonnissime il vous engloutissasse ?
Voilà ce qu’à peu près mon cher vous auriez dit
Si de la télétrans vous aviez fort médit
Hélas, logiquement inquiet pour vos finances,
Vous avez oublié ce drame pour la France.
Dr Jean-Jacques Rigot



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