Chronique télétransatlantique 14 janvier 1999
SALE TEMPS POUR SESAM-VITALE :
La Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) vient d’affirmer que les pharmaciens n’entendent pas participer au déploiement de la carte à puce avant que leur mode de rémunération ne soit modifié et qu’une convention ne soit signée avec l’assurance-maladie ( QdM 14/1/99)
COUP BAS ( QdM 13/1/99) :
Réagissant au retard de la signature de l’avenant à la convention médicale des généralistes qui devait être conclu avant le 1er janvier, le Dr Richard Bouton affirme que, « tant qu’il n’y a pas un avenant signé, les médecins n’ont aucune obligation de télétransmettre les FSE ». La télétransmission ne pourra devenir effective qu’à « deux conditions »
« La première est d’ordre technique : il faut s’assurer que tous les éléments nécessaires à la télétransmission seront facilement accessibles à la grande majorité des configurations informatiques des cabinets médicaux ;
la seconde est qu’il faut qu’il y ait une aide financière pérenne à un niveau suffisant pour prendre en charge la totalité des frais de télétransmission. »
« Les caisses, conclut le Dr Bouton, devront obligatoirement prendre en compte ces réalités financières et techniques ; pour l’instant, ce n’est pas le cas et nous le regrettons. »
STAKHANOVISME :
Le taux moyen de FSE par médecin télétransmettant, était pour le dernier mois de l’année, seulement de 73. Ces flux sont étonnamment bas compte tenu de l’activité des médecins.
En décembre, j’ai pu réaliser quelques 320 FSE malgré la trève des confiseurs et une certaine mauvaise volonté de SESAM-VITALE qui interdit de nombreux actes (cartes non envoyées par certains régimes, cartes non à jour, AT, Art 115, suivi post professionnel, consultations obligatoires grossesse et nourrisson) et qui n’autorise pas la gestion automatique de beaucoup d’autres (Aide médicale, Option référent).
Ceci démontre que sans dumping, des flux de 400 FSE par mois, sont tout à fait envisageables... à condition d’y consacrer du temps.
NE DITES PAS A MA MERE QUE JE PRATIQUE LA TELETRANSMISSION, ELLE CROIT QUE JE FAIS DE LA MEDECINE...
Or avec 35 à 45 secondes par FSE, 3 minutes par jour pour initialisation du progiciel, formation et émission des lots, ces 320 actes représentent 5 heures consacrées mensuellement à la télétransmission. A cela, il faut ajouter les coups de téléphones passés à quelques organismes pour régler les ARL non envoyés ou négatifs. A noter en plus une dégradation de mon environnement de travail ; j’avais auparavant une application d’une placidité bovine, l’ajout du module de télétransmission entraîne maintenant quelques sautes d’humeur du logiciel...
Je fais grâce du temps passé à rédiger cette chronique ...
Une aide péréenne annuelle de 1 000 à 1 500 Fr est évoquée, mais qui couvrirait uniquement les frais de télécommunication et l’abonnement au RSS. Soit, mais sur quelle base seront défrayées les heures passées à générer et envoyer les FSE ?
Actuellement la réduction du temps de travail est au coeur des débats, et nous médecins, accepterions 5 à 6 heures de travail suplémentaires par mois sans rénumération ?
L’Assurance Maladie a trouvé judicieux de remplacer ses liquidateurs, par des Bacs + 8. Il est assurément impossible politiquement de faire marche arrière, mais l’opération doit être blanche pour les professionnels de santé.
Il est difficile d’estimer le coût horaire d’un cabinet médical, (certains peuvent proposer une fourchette). A 250 Fr l’heure cela correspond au moins à 1 500 Fr par mois pour la génération de 300-400 FSE.
En sus de l’aide forfaitaire, un paiement de la feuille électronique entre 4 et 5 Fr semble donc équitable et le seul moyen de sortir la télétransmission de la confidentialité...



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