Chronique télétransatlantique 22 janvier 1999
COURROIES DE TÉLÉTRANSMISSION :
Les rares praticiens tirant un léger avantage de la télétransmission sont ceux dont l’exercice génère un gros pourcentage de tiers payant, en particulier Aide Médicale et médecins référents. La réalisation d’actes "référents" en tiers payant partiel ou total est possible bien qu’elle ne soit pas automatique et que les informations "référents" ne soient pas portés sur la carte Vitale. Il est vrai que le projet étant seulement pensé depuis 15 ans, on comprend cet oubli...
Plutôt que d’envoyer à des adresses multiples les feuilles de soins papier et d’attendre plusieurs semaines le remboursement des actes, la télétransmission même imparfaite semblait préférable. Pour contre balancer ces tracasseries bureaucratiques, une prime de 150 Francs par patient (selon la convention), versable en deux fois avait été accordée. Effectivement, les 75 Francs ont été payés aux généralistes référents 98, mais seulement pour les patients de plus de 16 ans, avaient interprété restrictivement et mesquinement les caisses...
La convention caduque, précisait aussi "qu’afin de favoriser, à son démarrage, l’utilisation par les médecins d’une informatique utile à leur pratique, cette rémunération est majorée de 30 F jusqu’à fin 1998, pour les médecins référents qui utilisent des services informatiques en réseau".
Les praticiens référents informatisés, utilisant des bases médicamenteuses et télétransmettant semblaient pouvoir bénéficier de cette surprime...
Courroies de télétransmission, les médecins référents devraient être les enfants chéris de SESAM-VITALE. En toute logique sésamique, ils devraient être choyés, dorlotés, dotés de lecteurs plaqués or, car seuls susceptibles de faire décoller la télétransmission de l’ornière.
SABOTAGE !
Hier, on apprend, en lisant le Quotidien du Médecin, que la deuxième moitié de la prime de 150 Fr par dossier référent ne pouvait être versée aux médecins, car illégale en raison de l’annulation de la convention... A priori et pour la même raison, les médecins référents peuvent aussi s’asseoir sur la surprime de 30 Fr, ce qui quand même est un peu douloureux bien que les sommes en jeu ne sont pas considérables.
Personnellement, exerçant dans une banlieue, cela ce concernent que quelques dizaines de dossiers de famille en difficulté économique. Je n’en mourrais pas, mais cela fait réfléchir sur la validité dudit contrat..
Note d’humour, dans le Panorama du jour, est présenté le Contrat Référent 99, qualifié de "quasi luxueux" avec une nouvelle prime de 150 Fr...
Récemment, le président de la CNAMT entrevoyant un avenir radieux pour la médecine de référence, imaginait 20 % de patients et le même pourcentage de généralistes adhérant à l’option. Arithmétique déjà curieuse qui supposait que l’ensemble des patients signe un contrat, ou que la clientèle des référents soit très supérieure à la moyenne et surtout que les nouveaux candidats aient la mémoire courte...
CINQUIÈME COLONNE :
Alors si la CNAM se met elle aussi à saboter la télétransmission, je crains que nombre d’éditeurs qui ont développé des progiciels, dans l’espoir de l’eldorado informatique, risque fort de finir limonadiers...
Le progrès partagé a-il un avenir ?.



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