Chronique télétransatlantique 30 mars 1999
Une prude FSE !
Après plus de 1600 FSE je croyais avoir fait le tour de la télétransmission, mais non, rassurons nous, SESAM VITALE reste une source inépuisable d’incidents et de problèmes.
UNE FSE VENTOUSE : _ Blasé donc, j’ai réalisé le 27 mars dernier, pour l’assuré PRUDHOMME, seul ayant droit de sa carte, une fort banale feuille de soin électronique pour la CPAM nantaise, sans tiers payant, ALD ou accident. La routine bref.
Hors le soir, ou plutôt le lendemain matin en raison de l’habituelle interruption du RSS, alors que les autres feuilles ont été agrégées dans des lots et envoyées ensuite sur le RSS, la FSE N° 1586 est restée solitaire. Visuellement, elle ressemble à n’importe quelle ticket électronique.
J’ai retenté derechef l’opération, mais cette FSE désespérément prudente s’accroche comme une sangsue à mon logiciel, se refusant à emprunter les chemins parfois aventureux de l’intranet social. Il est possible qu’elle soit effarouchée avec raison, par le plantage récent de notre bel intranet et les soubresauts quotidiens.
J’ai appelé le service technique de mon éditeur. Bien que celui ci ait décroché la première certification Cert’Ophis, il m’a fallu 5 tentatives infructueuses pour passer le répondeur.
J’ai expliqué mon problème à un technicien, qui bien entendu, après avoir consulté le responsable, n’avait aucune ombre d’hypothèse. C’était, leitmotiv bien connu, la première fois qu’une telle anomalie se présentait.
On m’a proposé de détruire la FSE crampon, et d’en refaire une autre en mode dégradé. J’ai bien sûr refusé cette proposition malhonnête, car je n’ai pas investi 8 000 Fr dans un lecteur + progiciel, pour à la moindre anicroche devoir envoyer une feuille dégradée accompagnée d’un duplicata papier à la CNAM.
J’ai convenu d’envoyer par fax, la copie de la FSE au service technique, ce qui ne devrait pas beaucoup faire avancer le schmilblic, mais qui démontre que grâce au label Cert’Ophis, à défaut d’avoir des idées, mon éditeur a un protocole.
MODESTIE :
Antoine Crétaux récemment se félicitait d’avoir adressé en test des dizaines de milliers de fausses FSE sur des boîtes postales fictives, mais rien ne remplace l’expérience du terrain et les multiples cas de figure rencontrés par les médecins et non prévus par le fameux cahier des charges.
DES ENFANTS NES en 1890 et 1891 :
Sur la carte d’un assuré, j’ai découvert deux enfants (ascendants, descendant, collatéraux) nés respectivement le 4 juillet 1890 et le 3 septembre 1891, c’est à dire quand même 65 ans avant leurs parents.
L’AVENTURE AU BOUT DE LA FEUILLE DE SOINS :
Dans le futur des ethnologues, voire des psychomotriciens dans le cas de la FSE ventouse, se pencheront certainement avec curiosité sur les convulsions télétransmiques de la fin du XXéme siècle.
_La télétransmission reste dans notre monde aseptisé, une des dernières terres inconnues. Hardis télétransmetteurs, nous sommes les conquérants de l’inutile électronique...
Le progrès partagé ne manque toujours pas d’avenir.



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