Chronique télétransatlantique 20 mai 1999
LA CNAM VEUT RÉANIMER L’OPTION RÉFÉRENT...
La CNAM se perdrait en conjectures sur les raisons de la désaffection pour l’option référent nouvelle version. Selon le Panorama du jour, elle envisage de relancer l’agonisante, par une campagne stratégique de 900 spots radio en juin 1999.
Voici quelques pistes de réflexion pour l’agence EuroESCG qui est chargé de la difficile promotion :
J’ai été réfèrent d’avril 1998 à mars 1999 et je n’ai pas signé l’option nouvelle.
Naïf, j’avais imaginé que la carte Vitale, réfléchie depuis une bonne décade, intégrerait la notion du contrat référent qui traînait aussi dans les méandres de l’assurance maladie depuis quelques années. J’ai donc supporté stoïquement pendant quelques mois, la formidable paperasserie inhérente au tiers payant partiel ou total, variable selon la couverture complémentaire du patient. L’assuré pouvait d’ailleurs changer de mutuelle, rendant brutalement obsolète toute tentative de planification du remboursement. Nouveauté qui n’avait rien à voir avec la médecine, le praticien référent se devait d’avoir la connaissance encyclopédique de la couverture sociale de chaque patient. J’avais ainsi noté dans les antécédents de la fiche patient, son appartenance à l’option, son régime obligatoire et sa mutuelle si celle-ci gérait la fameuse option. Grâce à un annuaire patiemment constitué, chaque mois, j’envoyais les feuilles des soins papiers dans des enveloppes adressées aux différents régimes. Seule la munificente MSA nous avait doté d’enveloppes pré-imprimées.
Je supposais donc que le futur télétransmique allégerait cette insupportable charge bureaucratique. Je pensais que le patient insérerait sa carte dans le lecteur de son médecin référent, et que par la magie de fée CNAM et l’intelligence du progiciel réunis, la FSE tiers payant avec la part obligatoire et complémentaire éventuelle, serait générée automatiquement.
Il semble bien que cela soit totalement impossible, mise à jour du cahier des charges du CNDA ou pas. A part une petite place pour le numéro de l’organisme complémentaire, il n’existe aucune zone disponible sur Vitale 1. A défaut d’embarquer le carnet de santé, la carte Vitale aurait au minimum dû être une carte de sécurité sociale universelle.
Sûrement pour démontrer qu’il n’existe aucun lien direct entre l’option référent et la carte Vitale, le nouveau contrat rend obligatoire la télétransmission des FSE. Mais le remboursement rapide des patients, la seule vertu de Vitale, rend caduc, la lourde dispense d’avance de frais des actes référents...
Au XXI siècle, les historiens qui se pencheront sur la conception de la carte Vitale, se poseront certainement des questions sur la santémentale de ses géniteurs.
Une prime, elle aussi pérenne, de 150 fr. par dossier d’assuré avait été garantie par contrat aux médecins signataires. Cette somme devait couvrir les différents frais inhérents à la tenue des dossiers médicaux de toute la famille, car les enfants de moins de 16 ans étaient pris en charge gracieusement. Seule la première moitié de la faramineuses prime a été versée, en raison officiellement des aléas de la défunte convention.
Le paiement rapide des reliquats ainsi que de la sur-prime de 30 fr pour les médecins utilisateurs de réseaux, contribuerait sans doute davantage que des spots publicitaires, à la décrispation des ex médecins référents...
Le progrès partagé semble parfois manquer singulièrement d’intelligence...



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