Chronique télétransatlantique 27 juillet 1999
Selon le Quotidien du Médecin du 27 juillet, citant un document de la Caisse nationale d’assurance-maladie, le coût de l’opération Vitale 1 incluant les frais occasionnés par la fabrication et la distribution des cartes à puce d’assuré social, des CPS, ainsi que les dépenses liées à l’aide à l’informatisation des professionnels de santé, serait, depuis le lancement du projet jusqu’à la fin de l’année 1998, de 2,8 milliards de francs au lieu des 3,9 milliards envisagés à l’origine. La CNAM a économisé 1.1 milliard de francs, tout simplement par "le fait que certaines professions de santé n’ont finalement pas bénéficié, contrairement aux médecins, de l’aide à l’équipement informatique qui avait été prévue au départ".
16 mois après le début du progrès partagé, la CNAM avoue que seulement 6 255 médecins adeptes du bifente, "télétransmettent régulièrement ou occasionnellement (sic) des feuilles de soins électroniques."
Alors qu’environ 5,7 % des praticiens libéraux se sont jetés dans l’enfer vert, le flux de feuilles de soins électroniques télétransmises aux caisses reste désespérément proche de l’encéphalogramme plat, avec un moins de 1 % du total. Grosso modo, cela représente quand même, 3 à 4 FSE quotidiennes par médecin, pour un investissement individuel de l’ordre de 6 à 8 000 Fr... Pour les étrennes, grâce à la "boutonnette", les lauréats disposeront d’une généreuse prime moyenne de 300 à 400 Fr...
Malgré l’étiage actuel, les expert cnamistes voient Vitale en rose. "En période de croisière, le système Vitale devrait permettre de réaliser un milliard d’économies net par an malgré le le coût de fonctionnement de Vitale estimé à un milliard annuel", car parole de scout, "la télétransmission permettra de réaliser environ deux milliards d’économies par an sur les dépenses en personnel de l’assurance-maladie."
L’économie de personnel reste à démontrer. J’ai reçu dernièrement un coup de téléphone de la CPAM, car un de mes patients utilisait une carte Vitale avec une date de naissance erronée, les FSE générées ne pouvaient être traitées que manuellement, ce qui occasionnait une surcharge bureaucratique. Malgré plusieurs lettres de relance de sa caisse, l’asocial assuré social n’avait pas dénié mettre sa carte à jour. Le liquidateur désespéré me demandait d’intercéder auprès du patient opaque aux subtilités du progrès partagé.



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