Pandémie H1N1 : Une grippe médiatique
Depuis 1984, le réseau des GROG (Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe) surveille l’émergence et la propagation des différents virus sur le territoire français. Ses cartes et graphiques permettent d’appréhender et de comparer les chiffres des épidémies de grippe saisonnières.
L’épidémie grippale de l’année dernière a été de virulence moyenne.
Malgré la vaccination préventive de millions de personnes à risque [1], selon les différentes sources officielles, Ministère de la santé, INVS, cette épidémie de l’hiver 2008-2009 aurait fait entre 2500 et 6000 victimes.
Malgré cette mortalité non négligeable, équivalente au nombre de décès annuel par accidents de la route, les médias en ont peu parlé.
Cette année, la pandémie grippale H1N1 a fait la une des journaux pendant des mois.
Alors que la presse audiovisuelle et papier martelait plusieurs fois par jour aux français que nous étions en pleine épidémie grippale, que chaque décès était abondamment commenté au moindre bulletin, les médecins généralistes ne voyaient pas arriver dans leurs cabinets les cohortes de grippés annoncés par les médias.
Maintenant que l’épidémie se termine, qu’elle est devenue “rampante” selon le GROG,, on se rend enfin compte de l’évidence. Le tsunami grippal qui, selon les experts virologues et les autorités sanitaires, devait déferler sur l’hexagone n’était qu’une vaguelette de virulence et de gravité faible. Il n’y a eu que 200 morts répertoriés en France et en majorité sur des personnes présentant déjà des facteurs de risque.
Les français n’étaient d’ailleurs pas dupes de la propagande gouvernementale pourtant très anxiogène, mais déconnectée de la réalité. Sur les forums ou dans le conversations les gens s’étonnaient de pas connaitre de grippés. C’est une des raisons qui explique qu’ils ont boudé les vaccinodromes. Heureusement d’ailleurs que la terrible pandémie annoncée s’est dégonflée toute seule comme un baudruche. En effet, alors que le virus H1N1 est allé faire couler des nez dans d’autres pays, avec 5 millions seulement de personnes vaccinés en deux mois, les responsables de l’organisation de la campagne de vaccination ont brillamment démontré leur inefficacité à gérer une crise sanitaire qui aurait pu être majeure.
Si dans un proche avenir, nous sommes confrontés à une véritable pandémie grippale, il sera difficile de réparer les dégâts dans l’opinion publique de cette lamentable campagne vaccinale anti H1N1.
Google Flu Trend mesure exactement cette “grippe médiatique”.
En Novembre 2008, la branche philanthropique de Google, Google.org, a lancé aux USA une déclinaison de son système “Google Trends” adapté au suivi des épidémies de grippe. Cet outil “Google Trends” analyse en temps réel les requêtes des internautes et donne pour un mot clé une statistique sur plusieurs années. Il est possible de suivre la popularité d’un sujet au fil des années et selon chaque pays. Ce suivi tient compte de l’adresse IP de l’ordinateur et ainsi permet d’avoir l’origine géographique de l’internaute. Cumulées, ces observations restent statistiques, affirme Google, et les adresses IP elles-mêmes ne seraient pas conservées.
Pour la grippe c’est “Google Flu Trends”, “flu” étant l’abréviation de “influenza” qui signifie “grippe” en anglais.
Afin d’améliorer la détection précoce d’une épidémie comme la grippe qui peut avoir, si elle est très virulente, un important impact sanitaire et économique, Google s’est lancé dans la surveillance et l’analyse des comportements de recherche d’informations santé des internautes. Ces millions de requêtes faites dans les moteurs de recherche en ligne par les usagers d’internet dans le monde chaque jour peuvent être agrégées et analysées en particulier pour suivre la propagation d’un phénomène grippal dans une population vivant dans la même zone géographique. La fréquence relative de certains termes recherchés serait fortement corrélée avec le pourcentage de visites chez le médecin de patients présentant des symptômes grippaux. Dans des pays où il existe une forte densité d’internautes utilisant les moteurs de recherche, on pourrait ainsi estimer avec exactitude le niveau d’activité grippale dans une région déterminée, avec un décalage de rapport d’environ une journée. Selon Google cet outil serait capable de détecter la propagation de la grippe plus tôt que les autres systèmes de surveillance classique car estimant l’activité grippale quasiment en temps réel. Les organismes de surveillance épidémiologiques officiels peuvent mettre plusieurs semaines, voire mois, pour collecter et publier ces informations.
Avant d’être lancé d’abord aux États Unis le système a préalablement été étalonné par comparaison avec les statistiques des épidémies grippales précédentes colligées dans les bases de données de surveillance conventionnelle. Ces études ont fait l’objet d’une publication le 19 novembre 2008 dans la revue spécialisée Nature. Selon Google, les analyses de la saison passée démontreraient que les données de Google Flu Trends correspondent à 92% aux données américaines officielles.
En mai 2009, il a été utilisé pour suivre les débuts de la grippe porcine au Mexique sous le nom de "Experimental Flu Trends for Mexico". Puis il a été étendu à la Nouvelle-Zélande et à l’Australie.
En octobre 2009, Google a décliné son système dans 16 nouveaux pays, incluant la majorité des pays européens et a traduit le service en 37 langues.
Selon Google il y aurait eu une première montagne grippale en fin d’été. En première ligne sur le terrain, les médecins n’ont même pas vu une colline. C’était l’époque où le moindre cas de syndrome grippal était géré en direct par Roselyne Bachelot et filmé par plusieurs équipes de télévision.
Le dernier “Everest grippal” de cette année correspond à peu près au modeste pic statistique du GROG pour sa durée. Le sommet est anticipé d’une quinzaine de jours. Par contre, témoin de la fièvre médiatique orchestrée par le Ministère de la Santé, il est beaucoup plus élevé que celui de l’année dernière alors que le nombre de personnes ayant consulté pour syndrome grippal a été nettement moins important.
Par rapport à l’hiver dernier son altitude est inversement proportionnelle aux chiffres réels de l’épidémie grippale attestés par les courbes du GROG.
Google Flu Trend est un nouvel outil intéressant mais qui mériterait d’être étalonné sur la réalité clinique. Pourtant aux USA, avant son lancement en novembre 2008, une comparaison a été effectuée entre les données agrégées par Google Trends et celles recueillies par les autorités de surveillance sanitaire (Centers for Disease Control and Prevention, CDC), pour la période de fin 2003 à 2008.
Roselyne Bachelot, le coup médiatique de l’année 2009
Le 1er décembre, Roselyne Bachelot-Narquin la ministre de la santé recevait le Grand prix du Communicant Public. Officiellement l’objectif de cette récompense est de « récompenser des actions de longue haleine, loin des "coups" médiatiques ». 5 semaines plus tard, compte-tenu de la polémique qui commence à se développer sur l’échec, le coût et l’inutilité de la campagne de vaccination, il est probable que le magazine Acteurs publics ne se soit pas ridiculisé en honorant ainsi la chef d’orchestre de cette tragicomédie pandémique.
[1] La couverture vaccinale de l’ensemble des personnes visées par le dispositif de prise en charge a été de 62,4 % en 2005 (source : Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés).
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17 commentaire(s)Well Actually never visit the site because I read a lot of other blogs feed through Google Reader. If I find something interesting, I starr it and that’s it. I visited today Guy Blog to see how the layout was hanging. Read more payday loan
La pandémie de la grippe H1N1 s’est répandue sur le monde autant que sur la toile d’Internet. Sa vitesse de propagation a été fulgurante. L’elan médiatiques aurait-il fait davantage de dégâts que la pandémie de grippe elle-même ?
A l’origine un jeu sur Twitter. Manu lance un appel au secours, l’aider à trouver une idée de note. Je lui demande de parler de l’Afrique, elle relève le défi. Je reprends à mon compte ce jeu, et elle me demande de parler du traitement médiatique de la grippe porcine. Allons-y.
Un emballement médiatique, il suffit de voir le graphique ci-dessous. L’indice de bruit médiatique sur les blogs. Représentatif de la médiatisation d’une actualité. A son apogée, plus de 8 notes de blogs sur 1000 ont traité du H1N1. Impressionnant. Si le web tremblait d’une fièvre médiatique porcine, les médias traditionnels n’étaient pas de reste. L’ouverture des JT de 13h et de 20h de TF1 et de France2, les couvertures de quotidiens.
j’espère que cette année si la grippe revient ils ne feront pas les mêmes erreurs en dépensant des millions pour rien, pour une grippe beaucoup moins virulente qu’une grippe saisonnière.
Pour une fois, Jean-Jacques, je ne partage pas ton analyse.
Les études de séroprévalence ont déjà montré partiellement et confirmeront certainement qu’il y a eu un nombre de sujets touchés par la grippe A exceptionnel. D’où le pic Google Flutrends.
En revanche, cette grippe étant bénigne dans l’immense majorité des cas a donné lieu à très peu de consultation, d’où le décalage que tu constates. Rien ne dit que les données de Google sont fausses. Ce sont peut-être les relevés officiels qui le sont.
Au final tant de polémique pour ça ! Le virus de la grippe A étant encore moins meurtrier que celui de la grippe saisonnière. Le grand perdant dans cette affaire est l’État avec son stock de 70 millions de dose restant à écouler et sa crédibilité. Mais qui au final va payer ces vaccins, c’est nous ^^ Enfin je ne reproche pas à notre gouvernement d’avoir acheté toutes ces doses, le principe de précaution se comprend et se prévaut à mon sens. S’il s’était déroulé le phénomène inverse ( grippe très meurtrière et peu de vaccins ), je n’ose imaginer les dégâts sur tous les points. Voyons la chose ainsi et remercions l’état de bien prendre soin de ses concitoyens ;)
Pierre de indiana-jeux.com



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