Note2bib surfe sur la polémique de note2be
Réactions négatives des organisations médicales
Dans une interview sur France 2 dans le journal de 13 heures mardi 4 mars 2008, Marie-Laure Alby vice-présidente de MG France, généraliste dans le 14éme arrondissement à Paris, n’est pas contre le principe d’un évaluation par ses propres patients car « « la transparence c’est toujours positif. Par contre c’est vrai que l’évaluation doit être faite selon un certain nombre de critères. Les critères qui ont été cités dans le sujet précédent me paraissent intéressants, la disponibilité, l’hygiène, l’accessibilité me semblent des critères relativement objectifs et je ne vois pas pourquoi il ne serait pas possible de les évaluer chez les médecins, en sachant que cela ne représente qu’une partie de la relation médecin malade bien évidement. »
Plus que le fait que les médecins soient cités nominativement, pour elle, « le problème principal c’est les règlements de compte interpersonnels. La relation médecin patient est une relation intime souvent émotionnelle. Il faut certainement avoir une vérification et un travail autour de ce site qui évite des règlements de compte. Je ne vois pas comment on peut évaluer quelqu’un sans, d’une manière ou d’une autre, donner son nom. Cela n’existe pas. En revanche je pense qu’il faudra être extrêmement rigoureux sur le contenu des évaluations. Mais s’il s’agit de savoir s’il est joignable facilement, s’il est accessible, si les conditions de soins sont réalisées, je ne vois pas pourquoi on s’opposerait à ce genre de choses qui est déjà fait dans d’autres structures de soins ».
Quant à l’évaluation éventuelle des compétences, elle s’interroge : « Qu’est qu’un bon médecin ? Est-ce celui qui vous délivre tout ce que vous vous lui demandez et dans un minimum de temps ? Est-ce de la pizza médecine ?
Non le travail du médecin est un travail de décision suite à une synthèse faite à partir d’une procédure d’examen et d’analyse de situation ? Cela devient beaucoup plus compliqué d’évaluer cela de manière rapide à partir de notes faites sur internet. Mais je ne pense pas que c’est cela que souhaite faire le promoteur du site.
Je crois que quand il y a conflit en matière médicale, il est important qu’il existe une structure tampon et des échanges possibles. Parce que souvent les insatisfactions, les difficultés dans une situation médicale, relèvent souvent d’un malentendu ou d’un manque d’explications. Il est donc important que les médecins puissent répondre et qu’il y ait des critères de sélection des commentaires. On en ne peut pas laisser dire n’importe quoi sur internet sur quelqu’un urbi et orbi.
D’autre part l’activité médicale n’est pas une activité comme les autres. Ce n’est pas un service au sens strict. C’est quelque chose qui tourne autour d’une relation et aussi d’un partage de renseignements intimes et évidemment cela peut créer des conflits qui n’ont pas à être publics sur internet et sans aucune précaution ! ».
Les syndicats Espace-Généraliste et la FMF restent muets.
« Notation des médecins : Un coup de pub » pour le SML qui, dans un communiqué du 5 mars 2008, « s’étonne de l’écho rencontré par le projet d’un site internet "d’évaluation" des médecins par les patients ». Le syndicat « estime que, dans le vaste jardin d’internet, ce site sera une éphémère. Le fantasme de la notation populaire ne résistera pas - s’il voit le jour - à la réalité. Les patients jugent tous les jours leur médecin et ils n’ont nul besoin du secours d’entrepreneurs numériques en mal de notoriété pour accorder leur confiance, notamment, à leur médecin traitant.
Des avis d’internautes - pour intéressants qu’ils puissent être - ne
sauraient tenir lieu d’évaluation des compétences et des pratiques
professionnelles qui obéit heureusement à d’autres procédures et critères. »
Même son de cloche à la Confédération des Syndicats Médicaux Français, qui fermement dit « Non au site d’évaluation des médecins ». Dans un communiqué, le syndicat CSMF « s’insurge contre ce type de procédé inspiré directement de la téléréalité. La CSMF rappelle que les médecins libéraux et la qualité de leur exercice sont soumis à des obligations d’évaluation et de formation continue que très peu de professions connaissent en France.
D’autre part, la relation du médecin avec son patient relève du colloque
singulier et ne peut donc être, par définition, partagé publiquement.
Enfin, seul le Conseil de l’Ordre des médecins est habilité à arbitrer les
éventuels conflits pouvant survenir entre les patients et leurs médecins . »
D’ailleurs pour le docteur André Deseur, membre du conseil de l’Ordre national des médecins : « C’est un coup de pub pour leur site de rencontres. Après la décision de justice concernant la page consacrée aux profs, il y a peu de chance que ce site voie le jour ».
Quant à Jacques Lucas, vice-président du Conseil de l’Ordre , il « souhaite une attitude qui soit concertée et élargie au delà de l’Ordre » en particulier avec la Haute Autorité de Santé (HAS) particulièrement impliquée déjà dans les sites de santé, les sites perso des médecins et les sites institutionnels.



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